Co-gestionnaires d'une réserve de faune sauvage, des ornithologues sont très attentifs à la survie et au comportement des Aigles royaux, espèce protégée dans les Alpes (massif des Bauges, Savoie).. © Inra, MEURET Michel

Missions et stratégie

Par Françoise Maxime
Mis à jour le 26/04/2017
Publié le 20/02/2013

Le département SAD aborde les interactions alimentation – agriculture – environnement en privilégiant l’analyse des acteurs et de leurs actions, entendues comme pratiques techniques, activités de travail, conceptions de ce qu’il convient de faire, intentions, apprentissages, savoirs et connaissances.


Le projet scientifique du Sad pour les années 2016-2020 s'appuie sur plusieurs traits des évolutions de notre environnement.

  • L’avenir relève d’une diversité de modèles agricoles. De fait, la compétitivité par l’économie d’échelle côtoie l’économie de gamme et la compétitivité hors prix des signes spécifiques de qualité. De même, l’agroécologie côtoie l’intensification durable pour la sécurité alimentaire et la durabilité. La révolution numérique contribuera de façon sans doute différenciée aux évolutions des modèles.
  • La montée en puissance de l'innovation ouverte est actée par les politiques nationales et européennes. Le modèle de diffusion linéaire d’une innovation laisse place à une vision plus complexe : les acteurs sont des sources d’innovation techniques et organisationnelles et sont engagés dans la co-construction et l’expérimentation de solutions.
  • La ville et les acteurs urbains sont respectivement un lieu et des agents reconnus de l’innovation dans les relations entre agriculture et alimentation, producteurs et consommateurs.
  • L’échelle territoriale est essentielle pour appréhender la façon dont les acteurs se saisissent des moteurs globaux du changement, en premier lieu la sécurité alimentaire et le changement climatique.
  • Le numérique va profondément transformer nos objets d’intérêt : les modalités de gestion de l’agriculture et de l’alimentation, le travail des agriculteurs, les systèmes de conseil, notamment dans le secteur privé et la circulation des connaissances.

Dans ce contexte, le projet est de produire des connaissances, des démarches et des méthodes visant :
i) à rendre intelligibles les recompositions en cours dans les systèmes agricoles, alimentaires et dans les territoires,
ii) à éclairer les conflits et les controverses qu’elles suscitent,
iii) à accompagner les dynamiques d’innovation vers plus de durabilité.

L’exploitation agricole, le territoire et le système alimentaire sont trois entités emblématiques des travaux du département, qu’elles soient considérées comme des objets de recherche ou comme des niveaux d'organisation des actions étudiées. Nous nous intéressons à l’innovation à la fois comme un moteur des transformations, comme un système reliant des acteurs et des connaissances, et comme un processus d’interaction entre des acteurs et des chercheurs.

Le département s’appuie sur quatre priorités scientifiques :

Les domaines socio-économiques d’intérêt pour le SAD

Le Sad développe des recherches dans une large gamme de domaines socio-économiques.

  • Nous nous intéressons à une diversité de formes techniques et sociales d’agriculture, de l’agriculture familiale à l’agriculture de firme, en passant par la pluriactivité, et aux transformations du travail agricole. Nous accordons une attention particulière aux systèmes en transition vers l’agroécologie (systèmes en agriculture biologique, systèmes autonomes, à très faibles intrants…),  notamment dans l’élevage herbivore et pastoral, les grandes cultures et le maraîchage.
  • Les systèmes alimentaires territorialisés (sous indications géographiques, circuits courts, sous influence de la ville, etc.) sont aussi au coeur de nos recherches, avec une attention particulière portée aux dimensions foncières des politiques agricoles et alimentaires dans l’urbain et le périurbain. Les reconnexions entre agriculture et élevage, entre l’activité agricole et le développement des territoires, sont des problématiques étudiées au Sad.
  • Les enjeux de biodiversité, de qualité et de quantité de l’eau, de ressources génétiques, et de santé des plantes et des animaux sont analysés en termes d’action collective, de bien commun et de compromis entre services écosystémiques.
  • Nous analysons et accompagnons des innovations techniques, organisationnelles et institutionnelles, et aussi des innovations sociales, vues comme des pratiques sociales inédites ou comme des processus portant des besoins sociaux peu ou mal satisfaits par le marché.

Un peu d'histoire

Étudier les résistances des agriculteurs à l’innovation. Formulée en 1979, la mission originelle du Sad a inauguré la création d’un département à contre-courant des positions dominantes en agronomie : elle prenait au sérieux les blocages des agriculteurs, elle s’intéressait aux échecs du transfert de la recherche et elle promouvait une manière de travailler encore rare, l’interdisciplinarité.

D’abord centrées sur l’étude des techniques, des pratiques et des représentations individuelles des agriculteurs, les équipes du Sad se sont progressivement intéressées à des ensembles plus complexes. Les chercheurs ont mis l'accent sur la mise en cohérence des techniques au niveau des exploitations agricoles et sur l'inscription des exploitations dans des filières agro-industrielles et dans des territoires ruraux. La conduite des systèmes de culture et d'élevage, le travail agricole, la qualification des produits ou des races animales, la formalisation des savoirs professionnels et les processus d'innovation sont ainsi devenus des objets de recherche majeurs du département au cours des années 1990.

Ce parcours a induit un élargissement de l’éventail des disciplines représentées dans le département : géographie, écologie, économie, sociologie, sciences de gestion, anthropologie des techniques, ergonomie. Les apports théoriques liés à ces différentes compétences ont permis de donner plus de place aux finalités d'aide à l’action individuelle et collective de nos travaux.