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Inspiration. © CC0 Public Domain

Science & action

Un agronome système

Jean-Marc Meynard, qui a dirigé le département Science pour l’action et le développement de l’Inra de 2003 à 2012, a été l’un des promoteurs des expérimentations systèmes, nouveau concept d’expérimentation. Il revient sur l’historique du développement du concept.

Mis à jour le 06/07/2016
Publié le 22/10/2012
Mosaïque de champs. © inra, Christian Slagmulder
© inra, Christian Slagmulder
 

Ce qui fait l’originalité des expérimentations systèmes, c’est que l’on teste, non plus des techniques isolées, mais un ensemble de techniques cohérentes entre elles, formant des systèmes de culture et/ou d’élevage. On se rapproche ainsi de la manière dont un agriculteur ou un éleveur les mettrait en œuvre.

Expérimentation système versus expérimentation factorielle

L’expérimentation agronomique, en domaine expérimental ou en ferme, est bien sûr depuis longtemps une source de données essentielles pour l’Inra. Mais jusque récemment, il s’agissait principalement d’expérimentation factorielle, réalisée dans le but d’analyser un processus mal connu, de modéliser les effets d’une technique, ou de comparer le comportement de variétés ou de races dans des milieux différents (interaction génotype x milieu). Cette approche a constitué (et constitue encore) la base d’une compréhension de plus en plus fine de ce qui détermine la production et ses conséquences sur l’environnement.

Jean-Marc Meynard. © © DR
Jean-Marc Meynard © © DR

Apparition du concept dans les années 80

L’apparition de l’expérimentation système au cœur des années 80 peut être vue comme une réaction aux limites du réductionnisme, alors très prégnant : les agronomes et zootechniciens ont pressenti que tout ne pouvait pas être compris, ni prévu, en découpant la réalité en morceaux de plus en plus petits. L’intérêt porté aux pratiques des agriculteurs et des éleveurs, à leurs logiques d’action, aux rétroactions, aux propriétés émergentes*, a conduit à la théorisation des notions de système de culture (années 70), puis de système d’élevage (début des années 80). Les premières expérimentations de systèmes innovants ont rapidement suivi, sur les itinéraires techniques du blé et de la betterave (à Grignon, en Ile-de-France) et sur des niveaux de chargement en moutons/ha (à Redon, en Auvergne). Ce nouveau paradigme expérimental a d’abord dérouté : les résultats des premières expérimentations systèmes n’ont pu être publiés que dans des revues de second rang ou des chapitres d’ouvrages.
* Propriétés nouvelles, liées au fait qu’un système est plus que la somme de ses composants.

Consolidation dans les années 90

Progressivement, ainsi que le soulignait en 2006 le rapport de la mission Inra « Conception de Systèmes Agricoles Innovants », l’expérimentation système est entrée dans la boîte à outils des concepteurs. Dans les années 90, les systèmes testés ont été formalisés comme des « jeux de règles d’action », l’expérimentation système consistant alors à évaluer la cohérence de ces règles par rapport à l’objectif à atteindre.

Démarche de prototypage versus démarche pas à pas

Dans les années 2000, on a discuté pour savoir si, dans une expérimentation pluriannuelle, il fallait conserver les règles d’action inchangées pendant toute la durée de l’expérimentation, pour assurer l’homogénéité du test, ou bien s’il fallait modifier les règles inadéquates pour améliorer le système. Le premier type d’approche aboutit à un prototype fixé à l’avance, tandis que le deuxième type d’approche correspond à la conception dite « pas à pas ».
Aujourd’hui, des expérimentations systèmes sont développées dans un nombre croissant d’unités expérimentales, sur des productions très diverses. Les systèmes testés mobilisent les concepts et connaissances de l’agroécologie. Et l’on élargit l’échelle au niveau de l’exploitation agricole tout entière, et même du paysage.

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Sciences pour l’action et le développement