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Etiquetage des produits selon la démarche Ici.C.Local. © Inra, J-P. Divet

Ici.C.Local - Valoriser les circuits courts dans les territoires

Par Yuna Chiffoleau
Mis à jour le 28/04/2017
Publié le 22/03/2017

Ici.C.Local - Innovation pour la coopération et l’information en circuit local, est une démarche pour structurer et valoriser les circuits courts et de proximité dans les territoires. Initiée en 2010, elle a donné lieu, en 2014, au dépôt de la marque collective et gratuite "Ici.C.Local".

Les circuits courts alimentaires, rapprochant producteurs et consommateurs, ne sont pas nouveaux mais connaissent un regain d’intérêt en France depuis le début des années 2000. En 2009, les circuits courts ont été définis officiellement par l’Etat français comme des modes de commercialisation qui s’exercent soit par la vente directe entre producteur et consommateur, soit par la vente indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire entre l’exploitant et le consommateur.
En 2013, d’après une enquête GRET-INC-INRA, 42% des Français déclaraient les utiliser régulièrement, pour un budget moyen de 25 euros par ménage et par semaine. Si les catégories sociales supérieures et les retraités restent surreprésentés, cette même enquête montrait que les nouveaux acheteurs en circuits courts, achetant depuis moins d'un an, relevaient surtout de catégories moins élevées et étaient plus jeunes.

Les circuits courts s’inscrivent aujourd’hui dans le quotidien des Français

Les circuits courts sont soutenus par des politiques publiques, à travers des dispositifs visant à favoriser leur développement (plan d'actions national, plans régionaux pour une offre alimentaire durable, etc.). Localement, on ne compte plus les initiatives institutionnelles, associatives ou privées qui cherchent à promouvoir ces systèmes de vente. A côté des formes traditionnelles (marché, vente à la ferme), de nouveaux modes de vente, privilégiant la proximité géographique, l’engagement ou la praticité, sont proposés aux consommateurs : paniers en AMAP, commandes de produits locaux par internet, par exemple. Commerçants de détail, artisans, cantines scolaires et parfois même supermarchés s’impliquent aussi dans ce renouveau. Si ce foisonnement d’initiatives participe à la diversification des acheteurs, il contribue aussi, comme le montrait déjà l’enquête GRET-INC-INRA en 2013, à une certaine confusion chez les consommateurs, en attente de davantage d’information et de garanties lors de leurs achats en circuits courts.


Aider les consommateurs à y voir plus clair, sans faire du circuit court une finalité en soi, mais en le valorisant localement comme un vecteur de développement économique et de transition vers des systèmes alimentaires plus durables : c’est l’objectif de la démarche Ici.C.Local - Innovation pour la Coopération et l’Information en Circuit Local, initiée en 2010 dans l’Hérault, qui s’inscrit aujourd'hui dans la dynamique des projets alimentaires territoriaux (PAT) de la Loi d’Avenir agricole de 2014.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Montpellier

Ici.C.Local - historique de la démarche

Marque figurative Ici.C.Local. © Inra
Marque figurative Ici.C.Local © Inra
Les marchés de plein vent
sont en France le deuxième débouché en circuits courts utilisé par les producteurs, en termes de chiffre d’affaires, après la vente à la ferme. Ce sont aussi un des lieux de vente en circuits courts les plus prisés des consommateurs. Ils suscitent toutefois une demande d’informations et de garanties de la part des consommateurs, qui ne font pas toujours bien la différence entre producteurs et revendeurs sur les marchés et regrettent le manque d’information sur l’origine des produits. Ils suscitent également de nouvelles concurrences entre agriculteurs et intermédiaires du commerce de proximité, artisans et commerçants de détail.

Des travaux conduits depuis une dizaine d'années à l'Inra de Montpellier, dans l'UMR Innovation, ont montré l'importance des circuits courts pour la vie des territoires et le rôle qu'ils peuvent jouer dans la lutte contre l’exclusion en milieu rural. Au-delà des nouveaux débouchés qu'ils procurent aux producteurs, ils sont facteurs de lien social, et peuvent contribuer à réinsérer des consommateurs en situation d'exclusion et à requalifier des intermédiaires de proximité.
Depuis 2008, dans le cadre d’une démarche visant à favoriser les circuits courts alimentaires et l'agriculture locale durable, l'Inra apporte son appui à la Ville de Grabels, commune périurbaine de 6000 habitants à 10 km au nord de Montpellier, pour initier un marché circuit court, nouveau type de marché valorisant à la fois la vente directe et la coopération entre professionnels locaux.

En 2010, pour répondre à la défiance de certains consommateurs, la démarche a évolué avec l’expérimentation d’un système d’étiquetage en couleur signalant la provenance des produits. Cette démarche est suivie en 2014 d’un second système d’étiquetage conçu pour les produits transformés et destinés aux artisans et aux producteurs-transformateurs. L'expérience a donné lieu, en 2014, au dépôt de la marque collective et gratuite "Ici.C.Local".

Ce système est analysé par l’Inra comme un exemple d’innovation sociale, en tant que construction participative d’une réponse à des besoins locaux non satisfaits par l’organisation actuelle des marchés et des politiques publiques.

Chiffoleau Y., Dalmais M., Divet J.-P., 2013. Signaler et garantir l’origine des produits dans les circuits courts alimentaires : l’expérience du marché de Grabels. Projet PSDR Coxinel, Languedoc-Roussillon, Série Les Focus PSDR3. 8 p.

A propos de

Circuits courts et politiques publiques