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2014, Année internationale de l’agriculture familiale

L’Inra s’investit aux côtés du ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, et du Cirad pour mettre le projecteur sur les agricultures familiales et présenter ses recherches en la matière.

Une ferme sur la route d'Osian, Rajasthan, Inde.  Séchage de lentilles ou dahl. © LE BASTARD Rémi
Par Françoise Maxime
Mis à jour le 22/05/2014
Publié le 07/01/2014

2014 est l’Année internationale de l’agriculture familiale (AIAF), telle que proclamée par l’Assemblée générale des Nations-Unies. Elle a été lancée en France par le ministère en charge de l’Agriculture le 18 décembre 2013. Premier secteur d’emploi au niveau mondial et produisant plus de 70 % de l’alimentation mondiale, les agricultures familiales sont au cœur des enjeux d’accès et de gestion des ressources, d’emploi, de lutte contre la pauvreté et d’alimentation.

Le département Sciences pour l’action et le développement publiera à l’occasion de l’AIAF 2014 un ouvrage sur les recompositions de l’exploitation agricole familiale.

Logo FAO. © FAO

Message de la recherche (Inra-Cirad) sur l'agriculture familiale

A l'occasion du séminaire international organisé le 26 février par le Ministère de l'agriculture, AFDI (Agriculteurs français et développement international) et le syndicat Jeunes Agriculteurs, Jean-Michel Sourisseau (Cirad) et Pierre Gasselin (Inra) étaient invités à pointer les enjeux de la recherche pour et sur les agricultures familiales et à les décliner en questions de recherche prioritaires.

Tout d’abord, les chercheurs sont interpellés pour produire des catégories statistiques et des indicateurs de performances des Agricultures Familiales.
Si le rôle de  la recherche n’est pas de produire les données statistiques, elle se doit d’interroger les variables par lesquelles sont caractérisées les agricultures familiales. A cet égard, c’est notamment par la nature du travail, familial ou salarié, qu’il apparaît judicieux de qualifier l’agriculture familiale et donc de la renseigner dans les appareils statistiques, plus que par la taille (les AF ne sont pas que des petites agricultures), ou bien par la destination marchande ou non marchande de la production, ou encore par les statuts juridiques et les formes légales. Il s’agira aussi de critiquer et produire les critères et les indicateurs à l’aune desquels seront évalués et discutés la capacité des agricultures familiales à contribuer aux enjeux de nos sociétés. Les critères de performances ne peuvent plus se limiter aux dimensions économiques et environnementales mais doivent renseigner les aspects sociaux, sanitaires, territoriaux et les capacités d’adaptation et d’innovation des agricultures familiales.

Un autre défi posé à la recherche est de réinterroger les atouts et les faiblesses des agricultures familiales au regard des enjeux actuels des sociétés.

  • Enjeux démographiques, d’urbanisation et d’emploi. Certes, la question ne se pose pas dans les mêmes termes selon les régions du monde. Le défi de l’emploi se décline diversement, par exemple dans les régions d’Afrique subsaharienne où 65 % de la population active est engagée dans l’agriculture, avec des cohortes de jeunes en passe d’arriver sur le marché de l’emploi, et en France où la population active agricole représente 3% de la population active totale avec un taux de chômage supérieur à 10%. Mais la problématique de l’attractivité des métiers est un point commun pour les nouvelles générations qui se détournent de l’activité agricole.
  • Au Sud comme au Nord, les enjeux de sécurité alimentaire se posent dans des termes renouvelés. Ce ne sont plus seulement des questions productives et de disponibilité,  mais aussi des questions d’accès, d’utilisation, de stabilité, de santé et de justice, ce qui renouvèle les questions sur la contribution des agricultures familiales aux systèmes alimentaires.
  • Face au changement climatique désormais avéré, il est nécessaire d’évaluer dans quelle mesure les Agricultures familiales contribuent à l’atténuer et peuvent s’y adapter.
  • La gestion durable des ressources naturelles reste un enjeu alors que les modèles productivistes et intensifs en intrants chimiques ont montré leur limite.
  • Les enjeux de transition énergétique doivent nous conduire à concevoir et privilégier des systèmes techniques et des modes de mise en marché plus économes en ressources fossiles.

Sans prétention d’exhaustivité, les recherches se déclinent en questions sur les systèmes techniques, les dispositifs politiques, les formes d’action collective ou encore les formes de valorisation des productions sur les marchés.

  • Dépasser la logique technique de contrôle et de simplification de la nature, supposera des modèles techniques intensifs en connaissances localisées, en repensant le progrès agricole et la modernisation dans une voie qui emprunte davantage à la biologie et aux mécanismes biologiques des écosystèmes cultivés.
  • La recherche devra fournir au politique des recommandations pour favoriser les capacités d’innovation des agricultures familiales. Politiques strictement agricoles, mais aussi politiques d’infrastructures, de santé, d’éducation, environnementales, alimentaires, et politiques de diversification des activités en milieu rural d’autant plus importantes que les superficies agricoles diminuent dans certains pays. La question de la diversification des activités est centrale dans le maintien des agricultures familiales.
  • Questions de recherche aussi sur l’action collective au sens large et sur la façon dont ces agricultures seront à même de défendre leurs droits et leurs intérêts, sur le plan politique mais aussi sur les marchés. En effet, si les agricultures familiales sont intensives en travail, il est impératif que leurs produits soient mieux valorisés sur des marchés sûrs et rémunérateurs. Là aussi, la recherche peut accompagner les organisations de producteurs dans l’expérimentation et le développement de formes innovantes de mise en valeur des produits, souvent dans des modalités découplées des marchés globaux.

Agenda

  • 22 février au 2 mars 2014, dans le cadre du Salon de l'agriculture : conférence Inra-Cirad (vidéos) et cycle de conférences thématiques et de rencontres avec les professionnels, organisées chaque jour par le Cirad et l'AFD
  • 1-3 juin 2014 à Montpellier : Rencontres internationales "Agricultures familiales et recherche", évènement co-organisé sous la coordination d’Agropolis International, avec la contribution de nombreuses institutions nationales dont le Cirad et l’Inra, en collaboration avec le Forum Rural Mondial, le Consortium International sur la Recherche Agronomique (CGIAR) et le Forum Mondial sur la Recherche Agronomique (GFAR). Ces rencontres visent à faire échanger et travailler ensemble des représentants des agricultures familiales, des décideurs politiques et du secteur privé, des représentants de la société civile et des enseignants et chercheurs du monde entier. Elles questionneront et enrichiront les agendas de recherche concernés par les agricultures familiales.
  • 4 juin 2014 à Montpellier : Séminaire Argentine-Brésil sur les agricultures familiales, organisé en parallèle des rencontres internationales "Agricultures familiales et recherche" par le Labex Europe de l’EMBRAPA, le Labintex de l’INTA et Agropolis International. L'objectif est d'échanger sur la situation de l'agriculture familiale au Brésil et en Argentine et d'envisager des lignes futures de recherche en coopération entre l'Argentine, le Brésil et les institutions de recherche françaises.
  • Un troisième temps sera plus politique en lien avec les travaux du Conseil Economique, Social et Environnemental qui se dérouleront à l’automne 2014.

Sites d'information sur les événements AIAF