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Le concours des prairies fleuries

D’une innovation réglementaire pour créer de la valeur écologique et économique à son dispositif d’accompagnement, le concours des prairies fleuries

Logo MAA-Concours général agricole
Par Elodie Regnier
Mis à jour le 17/03/2014
Publié le 10/03/2014

La remise nationale des prix du concours des prairies fleuries (édition 2013) a eu lieu le lundi 24 février 2014 au Salon international de l'agriculture en présence du ministre de l'agriculture. Du chemin parcouru et une bonne notoriété acquise depuis la 1ere édition de ce concours en 2007 !
Faut-il le rappeler, le concours des prairies fleuries est issu d'un programme de recherche en partenariat entre l’Inra et le Parc naturel régional (PNR) du Massif des Bauges qui s’interrogeaient alors sur le meilleur moyen d’encourager les agriculteurs à préserver la biodiversité des prairies permanentes.

A ne pas confondre avec les jachères fleuries, souvent semées en bord de route, les prairies fleuries sont naturelles, entretenues par l’agriculture (fauche, pâturage) et offrent des conditions favorables au développement de différentes espèces sauvages (plantes, insectes, oiseaux) tout en ayant une grande valeur productive. Elles permettent, par exemple de produire des produits de qualité tels que le Comté, la Tome des bauges et d’autres excellents fromages. Seulement, ces prairies naturelles sont menacées par l’urbanisation ou l’abandon d’exploitation.

Encourager les agriculteurs à préserver les milieux naturels

Dans l’espace rural, l’un des principaux instruments de préservation de la biodiversité sont les mesures agri-environnementales (MAE) de la PAC, aides allouées sur la base d’engagements volontaires des agriculteurs pour une durée d’au moins 5 ans. Leurs cahiers des charges sont basés sur le respect de pratiques jugées favorables à l’environnement telles que, pour les prairies par exemple, l’interdiction ou la réduction de la fertilisation, la limitation du chargement animal et l’utilisation tardive. Mais à l’usage, les gestionnaires d’espaces naturels ont constaté un décalage entre les moyens préconisés et les résultats obtenus en termes de biodiversité et une difficulté à contractualiser avec les agriculteurs sur de telles bases. Ce constat a motivé le partenariat engagé entre l’unité d’Ecodéveloppement (Inra Avignon) et le PNR du Massif des Bauges pour mettre au point une méthode innovante permettant aux objectifs de conservation de la biodiversité de trouver leur place dans les dispositifs de production des agriculteurs.

Une MAE innovante, un accompagnement original

  • Le cahier des charges de la MAE "prairie fleurie" porte désormais non plus sur une obligation de moyens, mais sur un résultat à atteindre, décrit par un indicateur simple et facilement identifiable par un non-spécialiste : la présence, dans la parcelle sous contrat, d’au moins quatre espèces de plantes à fleurs parmi une liste préalablement définie (représentée sur une planche photographique). Cette liste de plantes indicatrices répond à des critères botaniques précis en lien avec les habitats semi-naturels de chaque territoire, mais tient également compte de l’appréciation des acteurs concernés (agriculteurs, apiculteurs, fromagers…). Le contrôle de l’engagement consiste à vérifier, lors d'une inspection sur place, la présence d’au moins 4 espèces de la liste dans chaque tiers de la parcelle parcourue en diagonale.
    Sur proposition de la Fédération des PNR, cette innovation a été intégrée dans le catalogue des mesures agri-environnementales territorialisées du Plan de développement rural hexagonal (PDRH) 2007-2013.
  • Pour accompagner cette mesure, l’Inra et le PNR du massif des Bauges ont organisé des concours agricoles. Ces concours récompensent le meilleur équilibre entre valeurs agronomique et écologique des prairies et pâtures présentées par les agriculteurs ; le jury associe des experts agronomes et naturalistes et des participants concernés (éleveurs, apiculteurs, élus) qui confrontent leurs savoirs. Testé d’abord dans les PNR du Massif des Bauges et du Haut-Jura, le concours a franchi une étape décisive en 2010 lorsque les Fédérations des PNR et des Parcs nationaux (20% du territoire métropolitain) ont repris l’expérimentation à leur compte.

La biodiversité, un défi technique à relever

Les enquêtes réalisées depuis 2007 ont montré l’appropriation de la MAE par les éleveurs, qui l’ont massivement souscrite là où elle s’applique. Ils apprécient la latitude qui leur est donnée d’ajuster leurs pratiques d’une année sur l’autre, d’une prairie à l’autre. Plus que la MAE elle-même, le concours joue un rôle décisif dans l’appréciation des qualités de leurs prairies. Souvent vécue comme une contrainte, la biodiversité devient une co-production de leur activité et un défi technique à relever. Les éleveurs trouvent en outre dans l’animation territoriale de la mesure une reconnaissance de leur métier et une légitimation sociale des aides publiques qu’ils perçoivent.

Les responsables des Parcs et des professions agricoles, pour leur part, voient dans les concours de Prairies fleuries un outil permettant de promouvoir une contribution positive de l’agriculture pour la préservation de la biodiversité. Pour les syndicats d’appellations, le concours contribue à qualifier leur territoire et à enrichir les liens entre les qualités originales du produit et celle de son terroir de production. De leur côté, les apiculteurs se sont particulièrement impliqués : les prairies fleuries constituent en effet une forme de reconnaissance de l’importance des fleurs mellifères et un trait d’union entre leurs activités et l’agriculture.

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Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement, Environnement et agronomie

En savoir plus

  • De Sainte Marie, C., 2014. Rethinking agri-environmental schemes. A result-oriented approach to the management of species-rich grasslands in France. Journal of Environmental Planning and Management, 57(5), 704-719.
  • De l’obligation de moyens à l’obligation de résultat : les conditions de réussite des mesures agro-environnementales, p. 229-240 in : L. Durand, M. Cipière, A-S. Carpentier, J. Baudry (coord.), Versailles, Quae, 320 p.
  • De Sainte Marie, C., Amiaud, B., Magda, D., Plantureux, S., Agreil, C., Mestelan, P., Boussou, V., Mougey, T., 2012. Promouvoir la valeur agri-écologique des prairies : le concours agricole national des prairies fleuries. Communication présentée aux journées AFPF "Prairies permanentes : de nouveaux atouts pour demain", 3-4 avril 2012, Paris.
  • Oppermann, R., Bosshard, A., Mestelan, P., de Sainte Marie, C., 2012. Awareness raising among farmers and in the wider public, p. 466-472 in R. Oppermann, G. Beaufoy and G. Jones (eds), High Nature Value Farming in Europe - 35 European countries, Experiences and Perspectives, Basel, Verlag Regionalkultur, 544 p.
  • Plantureux, S., De Sainte Marie, C., 2011. Conception et appropriation de MAE à obligation de résultat sur les surfaces herbagères: comment concilier pertinence écologique et agricole dans l'action publique en faveur de la biodiversité, p. 33-41 in : Rapport de recherche DIVA 2 Action publique, agriculture et biodiversité. Résultats scientifiques et recommandations, Paris, Ministère de l'Ecologie & Inra  http://prodinra.inra.fr/?locale=fr#!ConsultNotice:171974
  • Plantureux, S., Dobremez, L., Meuret, M., Fleury, P., Magda, D., Agreil, C., Vansteelant, J.-Y., Amiaud, B., Sérès, C., de Sainte Marie, C., Fargier, J., Fritz, H., Langlois, J.-L., Mestelan, P., Mougey, T., Nettier, B., 2011. Analyse de la mise en œuvre des mesures agri-environnementales à obligation de résultat sur les surfaces herbagères. Fourrages, n°208, 271-281 http://www.afpf-asso.fr/index/action/page/id/33/title/Les-articles/article/1860

Le concours des prairies fleuries

Valoriser les pratiques agricoles respectueuses des prairies permanentes et conciliant biodiversité et qualité productive, telle est la vocation du concours des prairies fleuries.

Initié en 2007 à un niveau local, à partir d'un partenariat de recherche entre l’Inra et le Parc naturel régional (PNR) du Massif des Bauges, le concours des prairies fleuries n’a cessé de  prendre de l’ampleur et de diffuser dans les territoires des PNR et des parcs nationaux intéressés. Devenu concours national en 2010, il réunit 33 parcs et une dizaine de territoires hors parcs. Il est aujourd’hui inscrit au Concours général agricole ; 7 prix ont été décernés pour l'édition 2013, dans différentes catégories : prairies fauchées, pâturées, de plaine, montagne, haute montagne, ..., avec remise du diplôme du Concours général agricole.

A l'avenir, les chambres d'agriculture prendront progressivement le relais des PNR pour élargir le concours à l'ensemble du territoire français.

Les prairies fleuries au Concours général agricole  sur le site du Ministère de l'agriculture