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Projet Sure Farm : Pour une agriculture plus résiliente 

La résilience de l’agriculture c’est la capacité à faire face à des événements imprévus et de les surmonter. C’est un objectif fort de la politique agricole commune (PAC). Le plus souvent, la résilience est centrée sur la robustesse des exploitations, avec des instruments politiques et des mécanismes de marché se donnant pour seul objectif la stabilisation de l’entreprise  agricole. Un groupe de chercheurs européens explique que c’est une vision trop restrictive de la résilience. Si en effet la robustesse contribue au développement de l’agriculture, le contexte actuel où les risques climatiques et financiers sont plus élevés nécessite de s’intéresser à d’autres dimensions de l’agriculture : son adaptabilité et sa capacité à se transformer.

Paysage d'Aveyron.. © Inra, WEBER Jean
Mis à jour le 18/12/2018
Publié le 13/12/2018

En Europe, les agriculteurs doivent faire face à de plus en plus d’incertitudes concernant la volatilité des prix du marché et sont confrontés à davantage d'événements climatiques extrêmes déstabilisant les revenus de leur exploitation. La diminution du nombre d’exploitations agricoles ainsi que les changements des attentes de la société et des consommateurs vis-à-vis de l’agriculture participent aussi à ce sentiment d’incertitude. Les scientifiques du projet de recherche européen SURE-Farm pensent que pour limiter ces incertitudes et la fragilité des exploitations, il est nécessaire de mettre en place des politiques publiques qui vont au-delà des stratégies habituelles. Selon eux, concevoir une agriculture résiliente demande de prendre en compte les savoirs et expériences des agriculteurs sur le terrain et d’envisager des changements radicaux dans les façons de produire et de s’appuyer sur un nouveau modèle économique.
     

La résilience ne se limite pas à la robustesse des exploitations et à leurs revenus

Les politiques actuelles reposent sur l’hypothèse selon laquelle la résilience est possible principalement par la stabilisation des revenus des exploitations. Les chercheurs de SURE-Farm défendent l’idée que, du point de vue des politiques publiques, ce ne sont pas les exploitations mais les fonctions que celles-ci assurent qui doivent être au centre des préoccupations : la fourniture de produits agricoles, la création de revenus dans les zones rurales ou encore la gestion responsable de l’environnement. Ils soulignent que la résilience en agriculture ne peut être atteinte qu’en considérant plusieurs processus simultanément : l'élaboration des politiques européennes, la gestion des risques, l’évolution démographique des exploitations, les changements institutionnels et l'évolution des modes de production agricole.
    

Des défis différents selon les régions de l’Union Européenne

Dans le cadre du projet SURE-Farm, les scientifiques évalueront les déterminants de la résilience dans plusieurs régions en Europe et pour différents systèmes agricoles. En effet, pour rendre l’agriculture plus résiliente, les défis à relever diffèrent selon les régions. Certaines sont plus vulnérables face aux risques climatiques ou aux maladies, d'autres sont confrontées à des changements des attentes de la société vis-à-vis de l'agriculture (respect de l’environnement, maintien de la biodiversité, qualité des aliments, etc.). Des différences qu’il convient de prendre en compte dans les trois dimensions qui conditionnent la résilience de l’agriculture à savoir sa robustesse, son adaptabilité et sa capacité à se transformer.
Pour chacune des régions étudiées, le projet SURE-Farm identifiera les enjeux locaux et les différentes fonctions assurées par l’agriculture à l’échelle régionale. Les chercheurs analyseront la capacité de résilience des agriculteurs et des politiques publiques, et les solutions adaptées à chaque contexte pour améliorer la résilience des systèmes agricoles. Si certains systèmes peuvent se développer avec des stratégies de robustesse, d’autres pourront maintenir leurs fonctions seulement s’ils s’adaptent ou se transforment. Pour y parvenir, le projet SURE-Farm implique acteurs économiques et agriculteurs, en tant que porteurs de connaissances mobilisables pour améliorer la résilience des systèmes agricoles.
   

Le projet Sure-Farm en France

Pilotée par Muriel Tichit, chercheure à l’Inra, l’étude de cas menée en France dans le Bourbonnais au cœur du bassin allaitant (département de l’Allier) permettra d’étudier plusieurs défis auxquels les éleveurs bovin viande de cette région sont confrontés : flexibilité dans l’organisation du travail, succession d’évènements climatiques extrêmes, production de viande de qualité pour le marché national et international.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

Sure Farm en bref

Logo Projet SURE-Farm. © Inra, SURE-Farm
Logo Projet SURE-Farm © Inra, SURE-Farm
SURE-Farm est un projet de recherche et d’innovation financé par le programme H2020.
SURE-Farm (Towards SUstainable and REsilient EU FARMing systems) implique 16 Universités et organismes de recherche issus de 11 pays européens. Le projet est coordonné par l’Université de Wageningen.
En France, le projet est piloté par Muriel Tichit (Inra Versailles-Grignon - UMR Sadapt).
Site web du projet