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Vers un élevage durable

Améliorer la durabilité de l’élevage demande plus que de limiter son empreinte environnementale.  Penser l’élevage de demain c’est considérer conjointement ses contributions positives (conserver un patrimoine paysager, générer des emplois, etc.) et ses contributions négatives (émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité). C’est aussi comprendre les interrelations entre dimensions environnementales, sociales et économiques et ceci à différents niveaux, de l’exploitation au territoire. C’est l’objectif du projet européen AnimalFuture coordonné par Muriel Tichit, chercheure à l’Inra. Associant chercheurs, praticiens et acteurs clés de l’élevage, ce projet ambitionne de développer un outil d’aide à la décision  qui permette de mesurer les impacts d’innovations à différents niveaux emboîtés : l’exploitation d’élevage, la région, le pays, l’Europe.

Elevage durable
Par Muriel Tichit / Elodie Regnier
Mis à jour le 25/09/2018
Publié le 31/07/2018

Aujourd’hui, l’élevage doit répondre à de nombreuses demandes de la société, notamment être plus respectueux de l’environnement et contribuer à la vitalité rurale tout en restant compétitif. Pour cela, il est nécessaire d’innover en agissant à plusieurs échelles de l’exploitation au territoire, la durabilité de l’exploitation agricole étant une condition nécessaire mais non suffisante pour garantir la durabilité d’un territoire. Alors comment prendre en compte les impacts multi niveaux des innovations produites à la fois sur les dimensions sociales, économiques et environnementales ? Par exemple conserver la biodiversité peut impliquer un surcoût économique pour une exploitation mais aussi contribuer positivement à l’identité d’un produit de qualité. Ou encore, dans les régions d’élevage intensif, améliorer le bien-être animal en développant des élevages de plein air peut avoir des impacts négatifs sur l’émission d’ammoniac dans l’air et nuire au voisinage des fermes.
La durabilité doit être pensée en articulant échelle locale et globale. Interdire la présence de vaches dans une zone et importer du lait produit dans une autre ne fera que résoudre les problèmes d'émission de gaz à effet de serre localement, pas globalement. Evaluer la durabilité de l’élevage c’est donc prendre en compte les synergies, les effets de déplacement, et ce à une échelle globale.

Intégrer les acteurs à la réflexion sur la durabilité de l’élevage    

La durabilité de l’élevage est une question complexe : multi dimensionnelle et multi niveau. Il est difficile de comprendre les interrelations entre dimensions environnementale, économique et sociale et à plusieurs niveaux emboités tels que l’exploitation, le territoire, la région, le pays, l’Europe. Il est encore plus difficile d'estimer a priori l'impact d’innovations ou de mesures visant à améliorer la durabilité. Or, la connaissance de ces impacts est indispensable pour les décideurs du monde de l’élevage - qu'ils soient agriculteurs, responsables d’entreprises de l’amont ou de l’aval, décideurs public ou d'autres parties prenantes. Ces décideurs ont besoin d’outils pour penser la complexité et évaluer les impacts d’innovations dans leur propre champ d'action. C’est pourquoi praticiens et acteurs clés de l’élevage en Europe sont associés à la réflexion menée dans le cadre du projet AnimalFuture.

Développer un outil d’aide à la décision

Pour mesurer l’impact d’innovations visant à améliorer la durabilité de l’élevage, un outil d’aide à la décision (OAD) à destination de ces différents acteurs va être développé. Pour créer cet outil, 150 élevages dans 10 régions européennes, chacune spécialisée sur une filière (bovin lait, bovin viande, ovin viande, porcin et poule pondeuse) vont être analysés. Une démarche multi-acteur associant chercheurs et acteurs des filières est mise en œuvre pour impliquer au maximum les utilisateurs finaux dans l’élaboration de l’OAD et pour qu’il soit conçu au plus près des réalités de terrain.
Différentes innovations seront testées pour simuler des changements de pratiques, de systèmes d’alimentation et mesurer leurs impacts en termes de durabilité en évaluant conjointement les dimensions économique, écologique et sociale. Une attention particulière sera accordée à la dimension sociale et notamment au bien-être animal dans un contexte d’attentes sociétales fortes.

Cet OAD prendra la forme d’un outil en ligne, facile d’accès pour les différents acteurs et facile d’utilisation. Il mobilisera des supports de visualisation permettant une pédagogie de la complexité dans ses dimensions multi niveau et multi dimensionnelle.

Contact(s)
Contact(s) scientifique(s) :

Département(s) associé(s) :
Sciences pour l’action et le développement
Centre(s) associé(s) :
Versailles-Grignon

Partenaires du projet

Le projet AnimalFuture est financé par l’Era-Net Cofund SusAn (Sustainable Animal Production) du programme H2020.
Il a démarré en juin 2017 pour une durée de 3 ans. Il a pour partenaires : 

  • Inra
  • University of Natural Resources & Life Sciences (Autriche)
  • Wageningen university (Pays bas)
  • Scotland’s Rural College (Royaume Uni)
  • Bavarian State Research Centre, Germany;
  • Agrifood Research and Technology Centre of Aragón, Spain;
  • Institut de l’élevage (France) 
  • Association of Instituto Superior Técnico for Research and Development, Portugal