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Comment le modèle des coopératives agricoles résiste-t-il à la crise internationale ?

Des chercheurs de l’unité sous contrat GAIA du SAD à Bordeaux et de l'UMR Agir de Toulouse SAD-AGIR ont mené une recherche auprès des coopératives françaises, toute filière confondue, afin de comprendre comment ces organisations nées avec la loi du 10 septembre 1947, arrivaient à résister à la crise et à s’insérer dans la compétitivité internationale.

Silos de l'unité de stockage de la SCAEL (Société Coopérative Agricole d'Eure et Loir) de Marchezais (28).. © Inra, BOSSENNEC Jean-Marie

En mobilisant les outils de l’économie industrielle et ceux de l’économie de l’innovation, les chercheurs se sont interrogés sur la manière dont le statut coopératif permettait d’assurer la pérennité des valeurs originelles (solidarité, transparence, démocratie), tout en cherchant à gagner en compétitivité sur les marchés y compris à l’international.

Les coopératives sont des entreprises structurantes au niveau des territoires et des filières de production, en regroupant 3 agriculteurs sur 4 et en moyenne 40% des industries agro-alimentaires. Elles ont pour finalité de rémunérer leurs associés-coopérateurs et de leur rendre des services de collecte, de transformation et de distribution. Ancrées sur leur territoire, elles participent au maintien de l’emploi rural et à la structuration de l’amont de la filière par la valorisation des productions locales. Mêmes lorsqu’elles sont de petite taille, elles s’engagent dans des démarches de traçabilité et de qualité des produits par une signalisation d’origine (2/3 possèdent un signe officiel de qualité) et / ou de marques (1/4 en possèdent). Elles sont fortement investies dans l’aval des filières, réconciliant production et consommation.

Une des forces des coopératives agricoles est celle de conseiller leurs adhérents, sur les plans agronomique, économique et stratégique. Dotées de capacités d’expérimentation, les coopératives participent à l’adoption de bonnes pratiques et au développement de systèmes culturaux plus respectueux de l’environnement. Elles sont un maillon dans la chaîne d’adoption du plan Ecophyto 2018 par exemple ou dans la signature de la convention Agri-confiance, signaux d’engagement dans une agriculture plus respectueuse de l’environnement et plus durable.

Fortement liées et ancrées sur le territoire, elles arrivent pourtant à assurer une compétitivité de leurs groupes. Depuis les années 1960, la baisse du nombre de coopératives présentes sur le territoire national a correspondu à leur concentration économique, dans une logique de fusion et acquisition, avec un accroissement de leur chiffre d’affaires. Aujourd’hui, les coopératives et leurs filières forment des groupes et, pour mesurer leur emprise, le terme de périmètre coopératif est particulièrement bien adapté. Il se définit comme un ensemble d’entreprises reliées entre elles par des liens financiers (les coopératives et leurs filiales).

L’atteinte d’une taille critique est un objectif poursuivi par les groupes. Pour ce faire, ils nouent des alliances stratégiques leur permettant de réduire leurs coûts, d’associer de nouvelles compétences et d’affirmer leur leadership dans leur secteur. Une autre voie est celle d’innover et de diversifier leurs activités en augmentant le nombre de filières « produits » et en créant de nouvelles sources de valeur ajoutée comme par exemple l’investissement dans les agro-carburants, ou à l’exemple du groupe Tereos, leader de la transformation de la betterave, qui s’est investi dans la transformation de la canne à sucre à l’Île de la Réunion, au Mozambique et au Brésil.

Par leurs outils de gestion des marchés, les coopératives cherchent également à participer à la régulation de la volatilité des prix agricoles. Enfin, de par leur mode de gouvernance, elles font preuve de démocratie pour leur orientation stratégique cherchant constamment à concilier développement économique et maintien d’une agriculture au service de leurs associés coopérateurs.

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Sources :

  • Maryline Filippi, « Affirmer le modèle coopératif français : entre ancrage territorial et développement international », façSADe, n°37/2012, 4 pages.
  • Filippi, M. (2012). Support for Farmers’ Cooperatives; Country Report France. Wageningen: Wageningen UR, co-author O. Frey, 61p.
  • Filippi M., Triboulet P., 2011. Alliances stratégiques et formes de contrôle dans les coopératives agricoles. Revue d’Economie industrielle, 133, 57-78.